Cliché descriptif et cliché narratif: amours vénitiennes dans la littérature italienne du XIXe siècle

  • Marguerite-Marie Bordry
Palavras-chave: lieu, Venise, Castelnuovo, Rovetta, cliché

Resumo

On se propose d’étudier le topos des amours à Venise dans la nouvelle Tre perché (Nuovi racconti, 1876) d’Enrico Castelnuovo et le roman Sott’acqua (1883) de Gerolamo Rovetta, auteurs aujourd’hui oubliés. Dans ces deux œuvres, les scènes d’amours clandestines sont associées à des lieux vénitiens tout aussi topiques, le Grand Canal chez Castelnuovo, la Place Saint-Marc vue depuis une gondole chez Rovetta. Si descriptions des lieux et déroulement de l’intrigue semblent inextricablement liés, il convient de s’interroger sur la manière dont les deux écrivains prennent leurs distances avec les clichés: dans la courte nouvelle de Castelnuovo, la médiocrité des deux amants est moquée par un narrateur ironique. On retrouve ce procédé dans le roman de Rovetta, mais s’y ajoute un élément déterminant, la description d’une autre Venise, tortueuse et sale, qui se révèle au personnage principal en même temps que la mesquinerie de ses habitants. Les deux auteurs exploitent donc le lien entre cliché narratif et cliché descriptif, comme pour mieux s’en distancier.

Publicado
2015-12-27
Como Citar
Bordry, M.-M. (2015). Cliché descriptif et cliché narratif: amours vénitiennes dans la littérature italienne du XIXe siècle. Cadernos De Literatura Comparada, (33). Obtido de https://ilc-cadernos.com/index.php/cadernos/article/view/299